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Le Pentagone teste un essaim de drones

Test de vol en essaim pour le Pentagone

Cent-trois mini-drones ont été largués en vol depuis des F/A-18 Super Hornet afin de tester leur capacité à effectuer des missions collaboratives autonomes.

En janvier 2017, le ministère de la Défense américaine (DoD) a révélé avoir testé en octobre dernier, via le Strategic Capabilities Office (SCO) en partenariat avec le Naval Air Systems Command, le déploiement d’une centaine de mini-drones depuis des avions de combat sur la base aéronavale de China Lake (Californie). L’objectif était de d’évaluer leur capacité à effectuer des missions de reconnaissance. Largués depuis trois F/A-18 Super Hornet, les 103 drones Perdix ont démontré des « comportements avancés d’essaim » tels que le vol en formation adaptative et la prise de décision collective.

Drone Perdrix utilisé par le Pentagone.
Les petits drones Perdix ont volé en essaim. Crédit : DoD.

Avec ses 290 g, le Perdix (en référence à la sœur de Dédale dans la mythologie grecque) est un petit drone pourvus de deux paire d’ailes et d’une unique hélice motrice. Il est aujourd’hui capable de voler pendant une vingtaine de minutes. L’intérêt de ces drones est qu’ils ne sont pas des individus isolés préprogrammés mais qu’ils fonctionnent comme un organisme collectif, partageant un cerveau qui lui permet de prendre des décisions. De plus, les drones communiquent entre eux, via radio, et sont capables non seulement de s’informer de ce qu’ils font mais aussi de se donner leurs positions. « Comme chaque Perdix communique et collabore avec tous les autres drones, l’essaim n’a pas de leader et peut facilement s’adapter aux drones entrant ou sortant de l’essaim », explique William Roper, directeur du SCO.

Crédit : DOD

Ainsi, l’essaim demeure opérationnel même en cas de perte d’un ou plusieurs drones. L’opérateur se contente de donner la mission, comme désigner une zone à survoler, et les machines adaptent de manière autonome leur plan de vol pour l’accomplir sans se percuter. Initialement conçu et développé par des étudiants du MIT (Massachusetts Institute of Technology), le drone Perdix a été considérablement modifié depuis 2013 afin de répondre au cahier des charges militaire.

Aujourd’hui dans leur sixième génération, les drones peuvent notamment maintenant encaisser les chocs importants lors de leur éjection depuis un avion ou encore résister à des températures de -10° C. Considéré comme « bon marché » par le DoD, le drone Perdix a l’avantage de ne pas représenter une grande perte s’il est perdu lors de la mission ou s’il s’écrase lors de l’atterrissage. L’essaim pourrait remplir plusieurs missions, que ce soit pour troubler les défenses ennemies ou traquer des terroristes en fuite. En effet, équipés d’appareils photo, l’essaim pourrait se séparer lorsqu’il y a plusieurs routes de fuite possible.

Ce n’est pas la première fois que le DoD effectue des essais de ce type. En effet, en septembre 2014, des tests de largage avaient été effectués depuis un F-16 et en septembre 2015, 90 drones avaient volé ensemble lors d’un test en Alaska. Le test d’octobre représenterait néanmoins un record dans le nombre de drones impliqués. Si le DoD n’a pas donné de date pour un déploiement sur les terrains d’opération, l’objectif affiché est de trouver des industriels capables de construire rapidement 1 000 drones dans l’année. Les chercheurs travaillent aussi sur la 7e génération, qui disposera probablement d’une autonomie plus élevée.

Fiche technique du Perdix

Longueur : 16,5 cm

Envergure des ailes : 30 cm

Poids : 290 g

Autonomie : >20 min

Vitesse : 74-111 km/h