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L’accident du drone Facebook dû à une défaillance structurelle de l’aile

Vol du drone Aquila de Facebook

Le NTSB a rendu son rapport sur l’accident du drone Aquila de Facebook, intervenu en juin 2016. Une défaillance de l’aile droite serait à l’origine de l’évènement.

Le 28 juin 2016, à 7 h 43 (heure locale), le drone Aquila de Facebook a eu un accident lors de son atterrissage sur le polygone d’essais de Yuma (YPG : Yuma Proving Ground), en Arizona (États-Unis). Le prototype du futur drone stratosphérique aurait subi d’importants dommages, mais il n’y a eu aucun blessé ni aucun dégât au sol. Selon le NTSB (National Transportation Safety Board, Bureau national de la sécurité des transports des États-Unis), en charge de l’enquête, c’est une défaillance structurelle de l’aile droite qui aurait entrainé l’accident du drone. Celle-ci serait due au dépassement des limites de l’enveloppe de vol. L’Aquila s’est en effet retrouvé en survitesse suite à des rafales de vents, dont l’intensité a dépassé les capacités du pilote automatique.

Le vol du 28 juin était mené en tant que vol d’essai, en vertu du « Part 91 » du code de réglementations fédérales de la FAA (Federal Aviation Administration, Administration fédérale américaine de l’aviation). Il s’agissait du premier vol du drone Aquila à échelle réelle. Aucune anomalie n’a été détectée pendant le vol de 90 minutes. Selon l’opérateur, un atterrissage a été simulé à 7 h 04. Il s’est déroulé à 1 250 pieds (380 m) au-dessus de la mer afin de tester la capacité d’atterrissage du pilote automatique (« autoland »). Ce système automatise la procédure d’atterrissage d’un aéronef tout en restant sous la supervision de l’opérateur. C’est d’ailleurs la seule procédure d’atterrissage de l’Aquila. C’est lors de cette simulation que l’opérateur a noté une augmentation du vent au-dessus de la limite d’essai prévue de 7 nœuds (13 km/h) à l’altitude de vol.

Déroulement

À 7 h 37, l’opérateur a déclenché la procédure d’atterrissage sur le lieu prévu du polygone de Yuma. Au cours de son approche finale, l’aéronef a rencontré une augmentation de la turbulence et des vitesses de vent allant jusqu’à 10 nœuds (19 km/h) au niveau du sol, et de 12 à 18 nœuds (de 22 à 33 km/h) à l’altitude de vol. Les analyses de télémétrie post-vol ont montré que le drone a effectué de forts écarts en tangage, roulis et vitesse, suite à ces turbulences. À 7 h 43, alors que l’aéronef se trouvait 20 pieds (6 m) au-dessus du sol, l’aile droite a subi une défaillance structurelle avec une déformation vers le bas. Quatre secondes plus tard, le drone a frappé le sol avec une vitesse de 25 nœuds (44 km/h). Selon le NTSB, il aurait subi des dégâts importants lors de l’impact. Ils dépassent les dommages prévus par Facebook lors d’un atterrissage normal. Ceux-ci sont inévitables en raison de la conception de l’Aquila (train d’atterrissage à patins, moteurs et hélices en position basse).

Les analyses indiquent que la défaillance de l’aile aurait été provoquée par une rafale de vent. Le pilote automatique a répondu à cette rafale en abaissant le nez de l’aéronef afin de rétablir sur la trajectoire de descente. La vitesse indiquée a alors augmenté de 24 nœuds (44 km/h), vitesse normale prévue, à 28 nœuds (52 km/h). Le pilote automatique, alors que l’avion avait retrouvé sa trajectoire de descente, aurait alors actionné les élevons (surface mobile qui cumule le rôle de gouverne de profondeur et d’aileron) vers le haut. Selon l’opérateur, la combinaison de la vitesse élevée, des élevons relevés et du faible angle d’attaque a entrainé une augmentation de la pression sur l’aile vers le bas et de la torsion sur les extrémités des ailes. Ceci a entrainé une déformation vers le bas et la déformation de l’aile droite juste avant l’atterrissage. Facebook n’a pas annoncé de prochain vol pour l’Aquila ou son successeur.