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Essais : des drones plein les airs

CEB drones Merignac

Le centre du Cesa près de Bordeaux est l’un des rares sites d’essais en vol destiné aux drones en France. Il accueille une centaine d’heures de vol tous les ans.

« Dans ce tube, vous faites ce que vous voulez. ». C’est ainsi que Nicolas Leroy, responsable innovation de l’incubateur Technowest (actionnaire du Cesa) présente le centre d’essais de Souge, géré par le Cesa à quelques kilomètres de Bordeaux. Ce « tube » est une zone ségréguée de 2800 ha avec un plafond à 200 ft (600 m) dans lequel les fabricants et opérateurs de drones peuvent venir tester en toute légalité et conformément à la réglementation leurs appareils.

Dès 2010, Technowest a mis en place d’un AOT (Organisation temporaire de vol) au sein de la zone militaire du camp de Souge. Technowest n’ayant pas vocation à gérer une zone d’essais en vol, la société Cesa a alors été crée en 2014 pour régir cette zone de test. Le centre, qui a vocation à se développer avec l’augmentation attendue du marché des drones, est géré par le directeur des vols qui organise et assiste les essais. La plateforme en ligne permet aux futurs utilisateurs de s’inscrire en rentrant leurs spécificités techniques.

Nécessité d’une zone de test

« Dès 2005, nous avons eu un premier projet drone au sein de l’incubateur, Aeroart. Il y a donc eu des demandes pour avoir une zone d’essais en vol. Avant la création de cette zone, il y avait des demandes pour des tests sur les terrains militaires, mais elles étaient souvent rejetées au dernier moment car non prioritaires », explique François Baffou, directeur général de Technowest. À côté de ça, beaucoup de tests se faisaient, et se font encore, sans autorisation, hors de toute réglementation. Le centre d’essais vise justement à offrir un espace dédié et légal aux entrepreneurs et aux groupes.

« Il faut arrêter de faire les cow-boys », prévient Nicolas Leroy. « Au premier accident, ça risque de tuer la filière ». Depuis son ouverture en 2010, la zone s’est développée avec notamment la mise à disposition d’un camion d’instrumentation (cf. encadré) pour le retour d’expérience et trois autres zones sont nées dans la région. Chacune de ces zones a ses spécificités, notamment en termes de tests longue élongation (50 km à la zone de Vendays Montalivet) ou de hauteur de vol (3000 ft soit 900 m dans la zone de Biscarrosse).

Fourgon aménagé du CESA le centre d'essais de drones situé sur le camp militaire de Souge. Crédit : Bordeaux Technowest.
Fourgon aménagé du CESA le centre d’essais de drones situé sur le camp militaire de Souge. Crédit : Bordeaux Technowest.
[encadre titre=”Un camion pour les REX”] Lors de la réservation de la zone de vol, les dronistes peuvent aussi louer un camion « bourré d’électronique » qui peut servir de station météo, de système de communication, mais aussi de centre de mesures. Le camion peut par exemple faire du suivi du drone en temps réel et faire une comparaison des points GPS donnés par l’appareil avec ses propres mesures de localisation. [/encadre]

Une cinquième zone va prochainement s’ouvrir afin notamment que les utilisateurs n’ait pas à faire trop de kilomètres pour tester leur matériel. En effet, beaucoup de start-up qui composent le milieu n’ont pas forcément les moyens de se déplacer très loin. Les tarifs peuvent aller de 150 à 1 000 € pour la journée en fonction des services et zones utilisés. « Certains grands groupes testent pendant plusieurs semaines alors que d’autres ne louent que pour 1 h de vol », explique François Baffou, qui explique que la zone peut autant accueillir des sociétés proches qui « ont besoin de tester leur système, que des grandes sociétés internationales qui veulent faire des tests sur des caractéristiques très particulières, en toute régularité vis-à-vis de la réglementation ».

Nouvelle méthode

Dans le Sud-Est de la France, le pôle de compétitivité Safe propose aussi des zones de tests. Trois zones pour faire des essais en vol sont ainsi actives depuis 2014 et une quatrième devrait ouvrir en 2017 pour des expériences au-dessus de la mer. Chaque zone a une activité économique propre, avec une approche commune. C’est à dire que, contrairement aux zones du Sud-Ouest qui sont toute gérées par la société Cesa, les zones d’essais en vol de la région Paca ont chacune une gestion autonome. Le Cesa, le pôle Safe mais aussi la FPDC (Fédération professionnelle du drone civil) travaillent ensemble depuis plusieurs mois afin de bâtir une « méthode de centre d’essais ». L’idée est de créer un référentiel commun afin, pourquoi pas, de développer ces centres d’essais pour drones en France et à l’international.