Nouveaux usages Réglementations Salons Techno

À la recherche de la réactivité

Drone et pilote

Assistance aux premiers secours, repérages lors de catastrophes naturelles, surveillance des sites sensibles… Les drones sont aujourd’hui en expérimentation sur beaucoup l’applications. Le festival « Drôles de drones » a présenté un tour d’horizon des capacités surprenantes et en constante évolution de ces petits objets technologiques.

La Cité des sciences à Paris a organisé les 4 et 5 juin la première édition du festival « Drôles de Drones ». Conférences, courses de mini-drones, démonstrations, la manifestation a été l’occasion pour le grand public de découvrir les applications, finalement assez méconnues, des drones. Les conférences ont aussi permis à quelques entreprises françaises de présenter les technologies associées à leur drone, pari sur les nouveaux usages dont pourraient en faire les industriels dans un futur proche.

Parmi eux, le géant français du domaine, Parrot, en a profité pour faire une présentation des utilités possibles, présentes et futures, du drone pour le développement durable. Environnement, économie, sociale, mais aussi, le « quatrième pilier du développement durable », la culture. Selon Philippe Duvivier, Business Developer pour les drones civils professionnels chez Parrot, le drone n’est pas seulement un jouet mais une technologie qui peut aider l’homme. « Par exemple, en Seine-et-Marne, les pompiers travaillent d’arrache-pied depuis plusieurs jours pour évaluer le niveau de l’eau afin de savoir qui évacuer. Hier, j’étais avec eux pour un vol afin d’évaluer les risques de pollution de la rivière si l’eau atteignait un entrepôt d’hydrocarbure », raconte Philippe Duvivier.

Remplacer l’hélicoptère

« Nous n’avons pas du tout l’habitude de voir le monde d’en haut », explique Philippe Duvivier. « Google Maps a permis d’y accéder mais le service ne propose qu’une image statique, qui n’est pas mise à jour assez régulièrement pour certains usages, d’urgence notamment ». Pour Philippe Duvivier, le drone est, pour certaines situations, le moyen de remplacer l’hélicoptère à moindre frais pour l’économie et l’environnement. « Un hélicoptère est lourd donc cher en carburant. Pourquoi est-il lourd ? Parce qu’il a un pilote et qu’il faut mettre tout un tas de protections autour de lui. Si on enlève le pilote, l’hélicoptère c’est un drone », résume-t-il. « Nous pouvons donc faire les mêmes missions mais en étant moins cher et plus écolo ».

Les drones sont déjà utilisés pour de nombreux usages, notamment pour l’agriculture de précision ou l’inspection d’ouvrage. Aujourd’hui, les dronistes et les pompiers imaginent et testent déjà de nouvelles applications. Lors d’un accident impliquant du matériel nucléaire ou chimique par exemple, un drone permettrait d’avoir une première vue sur la scène, donnant des indications aux pompiers pour savoir quels équipements porter. En effet, les zones sensibles semblent être un bon terrain de jeu pour penser de nouvelles applications pour les drones. La start-up Uavia a ainsi monté son activité autour de l’accès très rapide aux données collectées par des drones.

« Aujourd’hui, le modèle existant est de faire déplacer un pilote sur le site avec un drone pour faire le vol de recueil des données », explique Clément Christomanos, président d’Uavia. « Nous, nous révolutionnons ce modèle, très bon pour certaines utilisations comme le survol d’un pont par exemple, mais insuffisant dans certaines cas. Il y a aujourd’hui une tendance du marché à avoir besoin de réactivité, en cas de panne par exemple. Notre système permet de faire de la levée de doute sur des sites sensibles ».

La jeune start-up, créée en mai 2015, propose une « inspection à distance en temps réel ». Pour cela, les drones sont laissés sur place sur des stations de charge et sont contrôlé à distance grâce au réseau 3G/4G. « Pour le client, il suffit de se connecter sur le site internet, de choisir son drone et sa mission et d’attendre de recueillir les données ». Les quatre ingénieurs, co-fondateurs de la société, ne considèrent pas que la concurrence puisse être un problème en France. « Nous ne sommes pas du tout sur le même segment de marché que les dronistes actuels », explique Clément Christomanos. « Nous arrivons sur un segment où il y a un trou sur lequel personne ne s’est placé : les drones professionnels avec une très forte réactivité ». « On a beaucoup entendu parler du survol illégal des centrales nucléaires, mais les drones peuvent aussi être utilisés pour la surveillance de celles-ci », note Clément Christomanos.

La réglementation sera la clef

Aujourd’hui, Uavia en est encore en phase d’expérimentations. Les essais se font dans le cadre des vols expérimentaux autorisés par la DGAC mais la start-up compte énormément sur l’évolution du cadre réglementaire afin de lancer sa phase de commercialisation avant la fin de l’année. « C’est un pari risqué », reconnait Clément Christomanos, « mais si ça marche, nous serons les tout premiers à faire ça ».

Reconstruire la Syrie

La société française Iconem a réalisé deux campagnes de prises de vue par drones en Syrie, entre 2009 et 2016. Entre ces deux prises de vue, la citadelle de Palmyre a été détruite par des bombardements. Grâce aux données recueillies par les drones et à leur traitement, Iconem, en partenariat avec la DGAM (direction général des antiquités et musées syrienne) a pu créer une simulation théorique de la chute des blocs de pierre au cours de son explosion. Cette simulation devrait aider les scientifiques à comprendre le processus de l’explosion et ainsi la disposition des blocs tombés. et ainsi permettre aux archéologues et architectes de reconstruire certains monuments.