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UAV Show : une filière drone en plein essor

UAV Show Bordeaux en 2°16

La 4e édition de l’UAV Show s’est tenue pendant deux jours à Bordeaux. Ce salon, le plus important de France, a attiré près de 2 000 professionnels, donnant lieu à des échanges et des démonstrations de compétences. La filière française a ainsi pu montrer ses dernières innovations, notamment dans le domaine de la surveillance et de l’inspection d’ouvrages. Elle a également permis aux spécialistes du secteur – fabricants et opérateurs, mais aussi clients, juristes et politiques – d’échanger au moment où la nouvelle loi drone a été adoptée. Les discussions et rendez-vous d’affaires ont été complétés par des vols de démonstration sur le site de Souge, à quelques kilomètres de là.

Vols de démonstration pour AJS Boréal

Vol de démo Boreal a UAV Sow 2016
Boréal a démontré son savoir-faire au public professionnel. Crédit : CEB – Artiste&Associé.

La société AJS, bientôt « Boréal », a bien changé depuis ses débuts en 1999. Fondée par l’océanographe Michel Gavart, le « fabriquant de plateforme et intégrateur » s’est lancé dans le drone pour se positionner sur la récolte des données scientifiques avant de se spécialiser dans la surveillance. « On ne vit pas que de la science », se justifie Michel Gavart. Les drones Boréal sont des drones à voilure fixe très grande endurance, pouvant parcourir plus de 1 000 km en emportant 5 kg de charge utile. La société présente aussi des variantes de son Boréal en version plus légère, ou remotorisée pour tenir 24 h en vol. Dans les cartons : une version stratosphérique sur laquelle travaillent AJS et le Cnes afin d’observer les panaches de lanceurs et la pollution en résultant.

Module drone

L'Université de Bordeaux a montré ses compétences sur le salon. Crédit : IO Studio Photographie
L’Université de Bordeaux a montré ses compétences sur le salon. Crédit : IO Studio Photographie

L’Université de Bordeaux (IMA) était sur le salon afin de présenter sa « plateforme aéronautique » qui a pour but de faire le lien entre les compétences disponibles au sein de l’Université et les besoins en formation et innovation de la filière. Ils ont pu mettre en avant leur module lié aux drones de l’IMA. À l’honneur également, les différentes compétences et expertises nécessaires au déploiement d’une solution intégrée pour l’agriculture de précision utilisant des systèmes de drones : piloter de manière autonome et sécurisée une flotte de drone ; effectuer des mesures géolocalisées et de traiter ces données ; procéder à un traitement phytosanitaire efficient et respectueux de l’environnement.

Jouer avec les drones

Une salle de jeux avec les drones ouvrira l’an prochain près de Bordeaux. Crédit : IO Studio Photographie.
Une salle de jeux avec les drones ouvrira l’an prochain près de Bordeaux. Crédit : IO Studio Photographie.

Seul au milieu des professionnels du drones civils, Adrien Laffargue présentait son concept de « DROBOT », sorte de « laser quest » (jeu de lasers) avec des drones. La salle de jeux qui devrait ouvrir ses portes à côté de Bordeaux au premier trimestre 2017 comptera 1 000 m2 et accueillera des terrains de jeu, des cours de programmation, et des compétitions entre écoles. Le credo de la petite start-up du sud-ouest : «Apprendre avec le jeu». L’entrée devrait coûter autour de 25 €/heure. La société envisage aussi de proposer aux professionnels des espaces de démonstrations afin qu’ils puissent mettre en avant leur savoir faire et déclencher des vocations chez les plus jeunes.

Xamen et les drones en atmosphère explosive

Le drone BE4000 de Xamen.
Xamen est le seul fabricant a être certifié pour les atmosphères explosives. Crédit : Xamen.

Seul droniste au monde à proposer un drone certifié « Atex » (vol en atmosphère explosive), l’entreprise Xamen est née en même temps que la réglementation de 2012. Elle compte aujourd’hui douze salariés et assure tout le cycle de production depuis la R&D jusqu’à la fabrication. Hors son drone Atex (4-8XDual), le droniste français exposait aussi l’ESU-100 qui devrait sortir dans les prochains mois. Ce drone « Emergency Single Use » devra pouvoir être déployé en cas de situation d’urgence afin d’avoir un visuel sans risquer de vies humaines, ou vérifier justement si des personnes sont en danger. La société française a effectué un virement stratégique en 2015 en changeant de cible de marché et en s’attaquant prioritairement aux grands comptes.

Drone d’urgence

L'équipe de l'Onde présentait son drone de secours. Crédit : G. Carpel - Aerospatium.
L’équipe de l’Onde présentait son drone de secours. Crédit : G. Carpel.

Vainqueurs du concours « ConceptDrone 2015-2016 » organisé par Aetos (Cluster Aquitaine Services et Systèmes de drones), l’équipe de l’Onde présentait son concept de drone de secours. En cas de dysfonctionnement, ce dernier devrait avoir la capacité de rétablir n’importe quel réseau de télécommunications le temps d’une intervention.

Positionnement par balises

Flying Eye veut permettre le vol automatique près des grands ouvrages. Crédit : IO Studio Photographie.
Flying Eye veut permettre le vol automatique près des grands ouvrages. Crédit : IO Studio Photographie.

Flying Eye, société crée en 2009, a profité du salon pour présenter son nouveau vecteur dédié à l’inspection d’ouvrage. Parti du constat que les GPS fonctionnent mal ou pas du tout à proximité des grands ouvrages et que le pilotage manuel de drone y est très malaisé, le droniste a développé un système de positionnement par balise. La constellation de quatre balises est positionnée au sol autour de la zone de vol afin de permettre au drone d’effectuer sa mission automatiquement.

Le Japon s’expose en France

Le japonais TrueBizon découvrait le marché français à Bordeaux. Crédit : IO Studio Photographie.
Le japonais TrueBizon découvrait le marché français à Bordeaux. Crédit : IO Studio Photographie.

Mamoru Masumoto, P-DG de la start-up japonaise TrueBizon, était à l’UAV Show 2016 afin de découvrir les opportunités du marché français et présenter sa solution de drone en cas de catastrophe naturelle. L’idée du jeune chef d’entreprise est de photographier, puis de modéliser en 3D toutes les régions qui risquent d’être touchées par des séismes (très fréquents au Japon) ou des tsunamis, pour pouvoir reconstruire après les catastrophes. Afin de se donner les moyens de ses ambitions, Mamoru Masumotoa sollicité l’aide de la ville de Fukuoka. Il a fondé le « Kyushu Drone Consortium » dont font aujourd’hui partis Nexco et QTnet (deux grandes sociétés japonaises).

Un système anti-intrusion star du salon

SkeyeTech a fait sensation par sa jeunesse et sa performance. Crédit : SkeyeTech
SkeyeTech a fait sensation par sa jeunesse et sa performance. Crédit : SkeyeTech

Mascottes du salon, les trois jeunes ingénieurs fondateurs de SkeyeTech, créée en 2014, ont fait sensation en présentant leur drone de surveillance. Celui-ci doit permettre rapidement la levée de doute en cas d’intrusion non désirée sur des sites ou entrepôts industriels. Quand il y a une alerte (déclenchée par caméra), le drone sort de sa box – qui lui sert aussi de protection et de station de recharge – et se rend sur place en moins d’une minute. La société compte aujourd’hui treize salariés, avec une moyenne d’âge autour de 23 ans et des contrats dans plusieurs pays.