Business Drones professionnels

Technowest accompagne les jeunes pousses

Bordeaux Technowest

Depuis trente ans, l’incubateur accompagne des créateurs d’entreprises et s’est spécialisé dans le suivi des dronistes. Il insiste sur l’importance d’offrir de nouveaux services et aide les entrepreneurs à se lancer sur leur marché.

Comment naissent et grandissent les start-up ? Il n’y a pas de règles précises en la matière. Certaines voient le jour au fond d’un garage, poussées par des créateurs tout justes sortis d’école ou vétérans du secteur, avant de déménager par manque de place ou suite à un rachat. D’autres font le choix de se faire accompagner par des professionnels. Ce sont ces dernières que Technowest suit depuis maintenant presque trente ans. Financée à 80 % par les collectivités locales et à 20 % par ses adhérents, notamment les grands groupes aéronautiques de la région, Technowest se concentre sur trois missions principales : le développement économique, l’animation sur le parc industriel et la mise en pratique, « quand les entreprises ont besoin de petites mains ».

À la suite du premier UAV Show en 2010, Technowest s’est fait une spécialité des drones. Un tiers des start-up hébergées par le site aéronautique de l’incubateur travaille donc dans le domaine des drones, mais Technowest accueille aussi des entreprises travaillant sur des sujets tels que l’exploitation d’images spatiales ou la robotique. Technowest propose aussi deux autres sites sur les thématiques « Clean tech » et « aménagement ». Les trois sites de Technowest regroupent ainsi 80 entreprises au sein de l’incubateur, des pépinières ou du centre d’affaires (hôtels d’entreprise). Par exemple, l’entreprise Fly’n’sense y a fait le parcours complet avant son rachat par Delta Drone en 2015.

Skeyetech en plein test. Crédit : DPS
Skeyetech en plein test. Crédit : DPS

Les clés de la réussite

« On demande toujours aux start-up de s’ouvrir », explique Nicolas Leroy. « Il faut qu’elles se diversifient, qu’elles ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier. » Une idée partagée par François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest : « Le drone, ça reste un métier, pas un but », soulignant ainsi que c’est le service final qui compte. Pour lui, la réussite des start-up tient aussi à ce qu’elles ne soient « pas tributaires de financement externe pour leur R&D ». « Il faut qu’elles se développent sur fonds propres. Il ne faut pas tout miser sur les levées de fond, il faut aussi du ‘chiffre d’affaires alimentaire’ ». Les deux responsables de Technowest prennent SkeyeTech (cf. AS n°19) en exemple. « Ils ont tout compris. Par exemple, pour leur contrat avec Enedis [ex-ERDF ndlr] pour l’observation des lignes à haute tension, ils ont pris les capteurs des drones et les ont mis au bout d’une perche. Ils sont en train de casser les codes, ils vont cartonner (sic) », prédit Nicolas Leroy.

Une bonne idée ne suffit pas, et c’est le piège dans lequel peuvent tomber beaucoup d’entreprises naissantes. C’est pour cela que François Baffou ne se contente pas d’offrir d’un encadrement, mais profite de ses contacts dans le Sud-Ouest et en France pour aller chercher les premiers clients des start-up. Il y a quelques années, les premières entreprises de drones pouvaient innover en développant des plateformes. Aujourd’hui, l’innovation se situe plus sur les systèmes d’acquisition en vol et le post-traitement des données.

Le marché

Pour Francois Baffou, le marché s’appuie sur trois niveaux : la technologie, la réglementation et les opportunités commerciales. « C’est comme les trois pieds d’un tabouret. Il faut que les trois évoluent en même temps. Aujourd’hui, on a à peu près tout au même niveau, avec juste la technologie qui est peut-être un peu en retard sur la longue élongation. » Malgré des années d’accompagnement de dronistes, le directeur général de l’incubateur avoue ne toujours pas avoir de « recette magique » pour savoir quelle start-up va fonctionner ou non. Une seule certitude : l’évolution des projets. « Je n’ai jamais vu une idée qui est restée la même du début à la fin de la présence de l’entreprise en pépinière. »