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Le S0, nouveau scénario pour les drones : menace ou opportunité ?

Le fameux scénario « S0 » pourrait voir le jour cette année. Inquiétude pour les uns, évolution nécessaire pour les autres, cette possibilité pour les non-dronistes de faire voler un drone professionnel fait parler d’elle au sein de la filière.

Former des pilotes, leur faire passer l’examen théorique, trouver la bonne machine ou le bon droniste, remplir les formalités administratives… Faire voler un drone pour aller inspecter son bâtiment ou ses poteaux quotidiennement n’est pas si simple. C’est pourquoi les grands donneurs d’ordre français (SNCF, Engie, EDF, ..) sont allés discuter avec la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) pour leur demander une manière d’opérer sans passer par toutes ces conditions. Des discussions sont aujourd’hui en cours pour créer dans l’année un nouveau scénario « S0 » qui viendrait s’ajouter aux 4 existants. Il permettrait à des industriels de faire voler des drones sur leur terrain sans avoir recours à un examen théorique mais dans des conditions restreintes. Le but final est de permettre à quelqu’un dont le travail principal est d’inspecter de pouvoir faire voler un drone.

Pour la DGAC, il s’agit d’accompagner une demande d’évolution réglementaire. Le CDC (comité du drone civil) a en effet fait plusieurs constatations allant dans le sens de la création d’un nouveau scénario. Tout d’abord, il y a une réelle difficulté pour plusieurs donneurs d’ordre à intégrer les drones dans leurs opérations de tous les jours (la formation des télépilotes et les procédures administratives ont ainsi été pointées du doigt). Par ailleurs, les drones sont de plus en plus automatisés. Enfin, le groupe de travail « S0 » est persuadé qu’améliorer le niveau de sécurité permettra de débloquer de nouveaux usages.

En quoi consiste le S0 ?

L’idée de la DGAC est de dire « A nouveaux usages, nouvelles réglementations ». Ce scénario ne doit pas servir pour les opérateurs de drones mais juste pour l’utilisation interne de certaines entreprises. Et pour cela, il doit nécessairement être moins permissif que les autres scénarios qui nécessitent le passage d’un examen.

Si les discussions sont encore en cours, certains points commencent à se dessiner.

Volume d’opération

L’utilisation ne pourra se faire qu’au-dessus de terrains, de sites ou d’ouvrages, dans un volume d’un seul tenant dont l’organisme effectuant le vol est propriétaire ou exploitant ou co-exploitant ou sur lequel il dispose :

– pour l’exercice d’une mission de service public, d’une servitude ou d’une autorisation d’occupation ;

– d’une concession accordée par une autorité publique.

Ce volume devra se trouver à la verticale du site inspecté et être contenu dans un cylindre de 50m de haut et d’un diamètre de 1km. Si l’utilisateur veut inspecter un volume plus grand, il devra opérer en plusieurs fois. La limite verticale de 50m de haut a été choisie afin de ne pas empiéter sur l’aviation militaire et d’obtenir plus facilement leur accord. Les 1km doivent permettre de garder le drone « à vue » même si des dérogations pourraient être envisagées pour passer derrière un bâtiment.

Le vol devra se dérouler sans personne au sol en dehors des télépilotes.

Formation et déclaration

La formation des pilotes devra être « identique aux scénarios S1 à S3 mais sans passage d’examen ». C’est sur ce point que les dronistes se montrent les plus sceptiques.

Par ailleurs, l’organisme


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