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Opérations de grande élongation : la France avance prudemment mais surement

Le groupe de travail « Opération de Grande élongation » du CDC devrait bientôt rendre ses premières conclusions. En parallèle, un nouveau groupe de travail « surfacique » s’intéresse à certaines questions non abordées par l’OGE sur les évolutions du scénario S4.

Avec l’arrivée de la réglementation européenne, les dronistes et grands donneurs d’ordre s’organisent pour ne pas perdre un marché en devenir. Le scénario S4 français et les opérations dites de « grandes élongations » en sont une partie aujourd’hui encore limitée mais prometteuse. Plusieurs groupes de travail européens, dont Jarus, se penchent sur ces questions de grands vols hors vue. Parmi eux, la France occupe une place de choix avec le GT « OGE » (cf encadré) et le tout nouveau GT « surfacique ».

Les travaux de l’OGE

Dans le cadre du Conseil pour les drones civils (CDC), on appelle “opérations de grande élongation” (OGE) des opérations de drones qui s’effectuent sur plusieurs centaines de kilomètres avec un emport de charge utile d’environ 5 kg, à une hauteur maximale de 150m/sol, pour la surveillance et l’inspection de réseaux linéaires (voies ferrées, lignes électriques, pipelines, etc).

Ces OGE correspondent à un besoin identifié il y a quelques années par de très grands groupes tels que la SNCF, RTE, Enedis, EDF, GRTgaz, ou Engie. Ces groupes réalisent déjà des expérimentations d’utilisation des drones pour ce type de missions mais à une échelle réduite, faute de systèmes drones adaptés et fiables d’une part, et d’autre part compte tenu que la réglementation actuelle n’autorise ce type de vols que sur dérogation.

Le GT OGE a été lancé en 2015 afin de rendre possible la réalisation de ces missions, ce qui suppose des travaux tant sur l’aspect technologique que sur l’aspect réglementaire. Il s’est transformé dans le courant de l’été 2015 en deux démarches complémentaires :

– l’une, dit “OGE intérimaire”, vise à établir une méthodologie d’analyse de sécurité, rigoureuse et générique, acceptable par la DGAC, sur laquelle des dérogations au Scénario S4 pourront être fondées, afin de permettre dès 2018 la réalisation “routinière” de missions OGE (de distance limitée) en zones peu peuplées.

– l’autre, dite “OGE ultimate” qui, via des travaux de R&D, vise à résoudre les verrous technologiques actuels et à atteindre un niveau de sécurité intrinsèque des fonctions principales d’un drone suffisant pour permettre la réalisation routinière de ces missions, quelle que soit la zone survolée (y compris zone densément peuplée, à proximité d’un aéroport, etc). La démarche ne s’attache pas aux aspects “gestion du trafic de drones” (UTM ou U-Space en Europe) mais il est clair qu’un système de gestion de trafic devra être en place pour permettre la pleine utilisation de ces drones, qui pourraient effectivement s’avérer assez nombreux à terme.

Depuis 2016, le Conseil pour les drones civils tient informées l’EASA et la Commission des travaux OGECes travaux vont servir de base, dès le premier semestre 2018, à la rédaction conjointe Conseil/EASA d’un scénario standard “opérations de grande élongation” qui devrait être inclus dans la première série de scénarios standards proposée par l’EASA à la mi-2018. Ce scénario devrait bien sûr évoluer au fur et à mesure des avancées technologiques.

« En France, on parle beaucoup de « vols grand linéaire », de survol des réseaux ferrés ou de lignes électriques » explique Nicolas Sonnet, directeur des opérations chez Aeromapper. « Mais il n’y a pas d’initiative pour prolonger le S4 tel qu’il est aujourd’hui. »


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