Filière française International

Le marché des drones se joue à l’international

Couché d soleil et drone DJI

La croissance des dronistes français passera forcément par les ventes à l’étranger, où la compétition a commencé.

Concepteur ou opérateur, l’avenir pour les dronistes est à l’étranger. Pour Xerfi, « c’est l’international qui représente le plus gros potentiel pour les opérateurs français. La demande est forte aux États-Unis et en Asie, deux zones géographiques où la clientèle est particulièrement sensible aux nouvelles technologies ».

Le fabricant de drones Parrot a bien suivi cette stratégie en s’appuyant sur   son groupe, qui commercialise aussi beaucoup d’objets connectés. Il s’est ainsi positionné autant sur le marché professionnel que loisir à l’international où il se partage, et de loin, le marché mondial de loisir avec la société chinoise DJI. En 2014, la société a vendu la moitié de ses drones aux États-Unis et 10 % en France. « Notre modèle économique et d’organisation est celui des groupes modernes de l’électronique », explique Yannick Levy. « Aussi nous ne nous considérons pas comme une entreprise française mais mondiale. Et c’est aussi l’avantage des marchés technologiques, ils sont globaux. Alors pourquoi se limiter à un territoire ? Quand un produit fonctionne, il se vend partout sur la planète. »

Hexagone frileux

Pour Flavien Voterro de Xerfi, cette problématique d’internationalisation « est d’autant plus importante pour les spécialistes français que leur marché intérieur, la France, est assez restreint et se caractérise par un fort attentisme des clients ». Il décrit ainsi le marché hexagonal comme « frileux ». Opinion non partagée par le directeur technique de Delair Tech qui souligne que l’environnement réglementaire favorable de la France a permis de « développer des outils qui n’existent nulle part ailleurs dans le monde ». « Il est sûr qu’il existe une compétition mondiale. Aujourd’hui le marché américain est fermé mais quand il va s’ouvrir, nous aurons un coup d’avance. Il faut profiter de cette avance que nous a permis la France ».

La société toulousaine fait aujourd’hui les trois-quarts de son CA à l’étranger, avec en grande partie des contrats avec des PME. « Nous avons une vraie volonté de rencontrer les grands comptes à l’étranger », espère néanmoins Bastien Mancini. Même son de cloche chez Delta Drone, dont le P-DG explique que « la France a vocation à représenter une part dans notre CA qui est conforme à son importance dans le monde. Aujourd’hui, je distingue trois grandes zones : les États-Unis, la Chine, et le reste du monde. Dans toutes ces zones, il faut suivre les progrès dans la réglementation. »