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Le drone s’essaie aux fouilles archéologiques

L’archéologie étudie les vestiges du passé mais regarde du côté des technologies du futur pour gagner en efficacité. L’utilisation des drones sur les fouilles en est un bon exemple.

Repérage des sites dignes d’intérêt ou inaccessibles, enregistrement systématique de l’avancée des chantiers, prises de vues aériennes… l’usage des drones dans l’archéologie paraît évident. Or, si beaucoup de chercheurs s’y sont essayé, leur utilisation n’est pas encore systématique sur les chantiers de fouille.

« Nous sommes un peu pionnier sur la question de l’utilisation des drones en archéologie », déclare Florent Hautefeuille, Maitre de conférence à Université Toulouse – Jean Jaurès et membre de la plateforme technique archéologique Terrae. « Nous avons débuté un peu par hasard en 2011. Il y avait une opportunité de financement, or cela faisait longtemps que je pensais que le drone pouvait avoir un intérêt pour nous. »

L’équipe de recherche basée à Toulouse a donc commencé par acquérir un gros octo-drone fin 2011 qui a effectué plus de 300 vols entre 2012 et 2016, notamment à Sterkfontein, en Afrique du Sud, où LittleFoot a été découvert et daté. « A l’époque, nous étions pratiquement les seuls à utiliser un drone sur les chantiers archéologiques » se souvient Florent Hautefeuille. Depuis, l’équipe toulousaine s’est enrichie de nouveaux drones, parmi lesquels le petit mavic-pro et le DT-18 de Delair-Tech.

Dronistes vs archéodrone

Fouille d’archéologie préventive. Crédit : Laurent Bruxelles / INRAP

« Pour moi, le drone doit être utilisé comme un ordinateur personnel », assure Florent Hautefeuille. « Il faut que chaque équipe ait son mavic. Ce n’est pas encore le cas mais je pense que ça va venir. »

Si l’équipe toulousaine n’a aucun souci pour faire voler ses drones (deux chercheurs sont aussi pilotes de drones), elle n’est pas tout à fait au point sur les aspects matériels. « Nous ne sommes pas très forts sur la partie techno », reconnaît Florent Hautefeuille. « Un jour, nous avons démonté un drone mais sans réussir à trouver le problème. Nous ne sommes pas des dronistes ».

Côté professionnel, certains dronistes s’intéressent aussi au domaine de l’archéologie. Ainsi, la société Aeromapper est arrivée sur le sujet un peu par hasard. « Nous n’avions pas pensé traiter ce type de chantier à la base », explique Nicolas Sonnet, directeur des opérations de l’entreprise. « Un client nous avait demandé de réaliser une détection d’infrastructure enterré (canalisation). Nous avons réussi à donner l’emplacement sur plus de 75% du trajet grâce aux caméras infrarouge et thermique. C’est ce qui nous a donné l’idée de nous lancer dans l’archéologie. » Ne manquaient que des partenaires, raison pour laquelle le droniste s’est associé au service archéologie de l’Oise. Depuis l’an dernier, Aeromapper effectue ainsi des tests sur le site de Champlieu, dans l’Oise. « Ce site eu énormément d’activité depuis la période gauloise jusqu’à la 2e guerre mondiale », explique Nicolas Sonnet.« Par la méthode conventionnelle, la magnétomètrie, il faudrait énormément de temps pour tout couvrir et par fouille directe, n’en parlons pas ! ».

Crédit : Aeromapper.

Voir à travers les forêts

« Nous nous intéressons tout d’abord aux signaux faibles en visible,


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