Insolite International Nouveaux usages

Un drone anti heures sup’

Un drone pour virer les retardataires du bureau ? Le Japon l’a inventé !

Quand on parle nouveaux usages de drones, on pense d’abord au secourisme ou au transport de personnes. Le Japon est allé plus loin en inventant le drone anti heures supplémentaires.

Lâché à partir d’une certaine heure, le drone « T-Frend » suivra ainsi un trajet pré-programmé en diffusant la chanson « Auld Lang Syne » (« Ce n’est qu’un au revoir » en français) pour inciter les retardataires à partir. Cette chanson est souvent émise dans les magasins japonais pour annoncer leur fermeture imminente.

« Vous ne pouvez pas travailler quand vous vous dites : « il [le drone] va bientôt arriver maintenant » et que vous entendez Auld Lang Syne en plus de ses vibrations », a déclaré Norihito Kato, un dirigeant de Taisei, société de sécurité et de nettoyage qui a co-développé le système.

La société qui a développé le drone l’a équipé d’une caméra dont les images peuvent être vues en temps réel à distance, et enregistrées. Elle envisage également de doter le drone d’une technologie de reconnaissance faciale afin de pourvoir vérifier qu’il n’y a pas d’intrus dans l’entreprise ou encore identifier les employés retardataires.

Prévu pour sortir au mois d’avril, le drone serait vendu à environ 500.000 yens (environ 3 850 euros au cours actuel).

Il faut savoir que le phénomène de mort par surmenage au travail – crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, suicide – porte même un nom dédié au Japon : « Karoshi ». Selon Europe 1, un rapport d’octobre 2017 du gouvernement avait évalué à 191 les cas de « karoshi » sur l’année fiscale achevée fin mars, et souligné que 7,7% des salariés japonais effectuent plus de 20 heures supplémentaires par semaine.

Le drone pourrait donc être vu comme une solution peu onéreuse par les employeurs japonais qui se tournaient jusque-là vers des sociétés de sécurité pour inciter le personnel à cesser le travail à partir d’une certaine heure le soir. Mais dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre dans le pays, le drone pourrait prendre une place que personne n’avait anticipé.