Réglementations

Anti-collision : Les autorités retroussent leurs manches

Drone

Après la survenue des deux incidents à Roissy et Heathrow impliquant des drones, les autorités de sécurité ont lancé des groupes d’études.

L’Easa (Agence européenne de la sécurité aérienne) a annoncé début mai la création d’un groupe de travail pour évaluer les risques de collision entre les drones et les avions. Plusieurs « quasi-collisions » rapportées ces derniers mois ont attiré l’attention sur l’usage croissant des drones civils, professionnels et de loisir, qui fait craindre une augmentation des incidents avec des avions de ligne. En février dernier, l’atterrissage d’un Airbus A320 à Roissy-CDG avait été perturbé par la présence d’un drone aux abords de l’aéroport. Le pilote de l’avion a déclaré avoir aperçu un drone dans ses 11h, avant de déconnecter le pilote automatique pour l’éviter et atterrir sans dommage. L’enquête du BEA (Bureau d’enquêtes d’analyses) est toujours en cours.

Plus récemment, le 17 avril dernier, un avion de British Airways a heurté un objet non identifié suspecté d’être un drone. L’incident n’a fait aucun blessé mais serait, si cela est confirmé, le premier incident entre un drone et un avion commercial au Royaume‑Uni. Suite à cet événement, Willie Walsh, P‑DG d’IAG (International Airlines Group) et ancien pilote de ligne, a déclaré : « Nous allons inévitablement voir plus de restrictions sur la propriété et l’exploitation des drones. L’autorité de l’aviation irlandaise a déjà mis en place un registre. Ils sont bien en avance. Je serais surpris que la CAA (Autorité de l’aviation civile britannique) ne suive pas le mouvement ».

Ébauche de règlement

L’Easa avait déjà travaillé sur le sujet l’an dernier et en avait sorti un document de propositions ainsi que certaines règles simples d’utilisation des drones civils, visant à éviter les incidents. L’Agence avait par exemple proposé une « combinaison de mesures » : « Fonctionner en ligne visuelle de l’opérateur, voler à moins de 150 m de hauteur au‑dessus du sol, être équipé de fonctions d’identification et de géo‑limitation et être enregistré. Toute opération de drone à proximité d’aérodromes nécessiterait une autorisation spécifique de l’autorité nationale de l’aviation basée sur une évaluation des risques ». À partir d’aujourd’hui, le nouveau groupe de travail devra se concentrer sur les risques de collision. Il fera le recensement de toutes les occurrences signalées et l’analyse des études existantes sur le sujet. Des « études de la vulnérabilité des avions (pare-brise, moteurs et cellule) » sont aussi au programme. Celles‑ci devront tenir compte des « différentes catégories d’aéronefs (gros avions, aviation générale et hélicoptères) et des exigences de conception et de fonctionnement associées ». Ces dernières études pourraient être étendues à des essais réels, par exemple d’impact sur le pare-brise. Le groupe de travail comprendra des représentants des avionneurs et des motoristes. Il consultera les États européens ainsi que des autorités étrangères. Les résultats de ces travaux sont attendus pour fin juillet 2016.

De son côté, la FAA n’est pas en reste. En avril, l’Agence fédérale américaine de l’aviation a publié un rapport sur la classification des drones et les risques encourus lors de survols des populations. L’objectif était « d’examiner les possibles recommandations qui permettraient à des personnes ,qui ne dépendent pas d’une structure, de mettre en œuvre des petits drones ». Concernant la restructuration de l’espace aérien afin qu’il puisse accueillir les drones, la FAA reste prudente. Cela reviendrait en fait « à une procédure de réglementation, or nous sommes très prudents avant d’avancer dans ce domaine », a déclaré début mai Randy Willis, responsable de l’équipe « technologies émergentes » de la FAA, au magazine AIN. « Pour le moment, nous sommes encore en phase d’évaluation. »